Source : https://www.laprovence.com/actu/faits-divers-en-direct/3887340/sursis-pour-la-sortie-de-route-du-faux-lyceen.html

Nadir Falhi est à 21 ans davantage qu’un lycéen en guerre contre la loi travail dite El Khomri. Il a quitté les bancs de l’école en 2014 avec un niveau CAP et assure préférer à ce jour “étudier par lui-même la littérature, la philosophie et l’économie” que se plonger dans le carcan scolaire qui lui était imposé jusque-là. Il n’empêche, samedi soir, vers 17 h 30, il s’était joint à la manifestation des lycéens en colère sur la place du Général de Gaulle (1er).

Porteur d’une capuche sur la tête et d’un foulard affichant une mâchoire de squelette, il s’est fait tristement remarquer en lançant sur quatre CRS des projectiles. Son accoutrement était idéal pour se faire attraper. Ce colosse d’1,87 m, originaire de la riante cité des Micocouliers (14erien penaud, hier, devant ses juges, en comparution immédiate, au terme de deux jours de garde à vue. “Je me suis senti concerné. Je les ai rejoints dans les actes”, a-t-il sobrement expliqué. Le président Fabrice Castoldi lui a rappelé que “la liberté de manifester, ce n’est pas la liberté d’envoyer des projectiles sur les CRS”. 

Bouteilles en verre ou en plastique, canettes de bière, ballons remplis de peinture… Un CRS a été légèrement blessé. Et forcément, c’est le plus voyant, avec sa tête de mort apparente, qui s’est fait pincer. “C’est la loi du genre”, ironisera le tribunal. Les CRS protégeaient la Maison de l’Emploi. Nadir Falhi, lui, avait la tête de l’emploi. La tête du tout désigné. Le procureur Antoine Pesme l’a quand même invité, au-delà du concours de testostérone de la rue, à “travailler avant d’avoir une opinion sur la loi travail”. “Je regrette d’avoir commis ces actes irréfléchis”, s’est excusé le prévenu.

Son avocat, Me Fabrice Trolliet, a fort joliment disserté sur “le romantisme de l’émeute”, que nul ne saurait bien sûr reprocher à “notre pays qui a fait la Révolution”. Il a déploré, en guise d’excuse absolutoire, les actes des masses manifestantes : “La somme des quotients intellectuels n’est même pas égale au QI d’un seul. Le raisonnement se dilue au contact de la meute”. La meute ne grandirait donc pas l’émeute.

Le tribunal a finalement renvoyé le prévenu à ses chères études philosophiques, en lui rendant la liberté, mais en le condamnant à 6 mois de prison avec sursis avec l’obligation citoyenne d’effectuer 160 heures de travail d’intérêt général (TIG) dans un délai de 18 mois